NEWSLETTER DU LUNDI 5 OCTOBRE 2026

Côté MACRO

Emploi US : les embauches marquent le pas en septembre

Le marché du travail américain a nettement ralenti en septembre. L’économie n’a créé que 29 000 emplois, environ trois fois moins qu’attendu. Le taux de chômage remonte légèrement, à 4,2 %, mais surtout parce que davantage d’Américains se sont remis à chercher du travail. Les salaires progressent aussi moins vite, ce qui réduit le risque d’une inflation entretenue par les hausses de rémunération. Pour les marchés, c’est plutôt une bonne nouvelle : un emploi moins dynamique enlève de la pression à la Fed, et les investisseurs ne croient presque plus à une hausse de taux dès octobre. Après plusieurs semaines de tensions sur les taux longs, ce chiffre offre un répit.

Dette française : la prime de risque au plus haut, le budget 2027 ne rassure pas

La France paie de plus en plus cher sa dette. Le taux à 10 ans (OAT) a frôlé les 5% le 1er octobre, un sommet depuis 2002, et l’écart avec l’Allemagne atteint 139 points de base, du jamais-vu depuis la crise de 2012. Signe fort : la France emprunte désormais plus cher que l’Italie. Ce surcoût reflète la défiance des investisseurs face à la trajectoire budgétaire. Présenté le même jour, le budget 2027 prévoit 54 Md€ d’efforts, dont 43 Md€ de mesures nouvelles (gel des dépenses hors défense, sous-indexation des pensions, maintien de la surtaxe sur les hauts revenus), pour ramener le déficit de 5,4% à 5,0% du PIB. Mais la dette grimperait encore à 121,7% du PIB et l’hypothèse de croissance de 1% est jugée optimiste par le Haut Conseil des finances publiques.

 

Côté MICRO

Lacroix : publication des résultats du premier semestre

Lacroix, équipementier électronique pour l’industrie, l’aéronautique et la gestion des réseaux d’eau, a publié ses résultats semestriels. Le chiffre d’affaires progresse de 3,2 % à 235,2 M€ et la marge d’EBITDA atteint un record de 10,1 %, contre 7,5 % un an plus tôt. Le résultat net redevient positif et la dette nette recule à 72 M€. Ce bond vient surtout de l’activité Environnement, dopée par deux effets ponctuels : un afflux de commandes en Espagne avant la fin d’un programme de subventions au 30 juin, et le remplacement des équipements en France avec l’arrêt des réseaux 2G et 3G. La direction présente donc 2026 comme une année exceptionnelle. Elle relève ses objectifs (plus de 455 M€ de chiffre d’affaires et une marge supérieure à 9 %), mais vise une marge plus faible en 2027 (supérieure à 8 %) pour garder les moyens d’investir. Pour la suite, elle compte sur la nouvelle réglementation européenne en cybersécurité, qui obligera les clients à moderniser leurs équipements connectés, et sur les réseaux de froid. Côté Electronics, la demande des data centers tend le marché des mémoires et des circuits imprimés : les délais s’allongent et les prix montent. Les stocks protègent 2026, et la hausse sera répercutée progressivement sur les prix de vente en 2027.

 

ESN : gagnants et perdants de l’IA, on y voit plus clair

La crainte d’une IA qui ferait fondre l’activité des sociétés de services numériques (ESN) s’éloigne. Accenture, numéro un mondial du conseil informatique, a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 18,7 Md$, en hausse de 7% à changes constants, bien au-dessus de ses prévisions. Pour sa directrice générale, l’IA est « un moteur de croissance et non un frein » : les entreprises lui confient l’intégration de ces outils dans leurs systèmes. Le titre a bondi de près de 18%, entraînant Capgemini et Sopra Steria, qui exercent le même métier, tandis qu’Aubay affiche 11,4% de croissance organique au premier semestre. Alten relève d’une autre logique : ses ingénieurs aident à concevoir. Il fait toutefois le même constat : ses clients réinvestissent les gains liés à l’IA au lieu de réduire leurs budgets. Pour les ESN, la valeur se déplace vers ceux qui maîtrisent l’IA, plus que vers ceux qui vendent du temps d’ingénieur.

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