Côté MACRO
Banques centrales : le statu quo avant la hausse, Lagarde sur le départ
La Fed et la BCE ont laissé leurs taux inchangés la semaine dernière, mais toutes deux préparent une hausse en décembre. La Fed les a maintenus entre 3,75 % et 4 %, alors que deux de ses membres réclamaient déjà une hausse : l’inflation américaine est remontée à 3,7 %, portée par le pétrole et la guerre en Iran. La BCE a gardé son taux de dépôt à 2,5 %, malgré une inflation de 3,8 % en zone euro. Surtout, Christine Lagarde quittera la BCE le 7 février 2027, neuf mois avant la fin de son mandat, pour « reprendre une liberté de parole ». Emmanuel Macron pourra ainsi peser sur le choix de son successeur avant la présidentielle d’avril 2027 ; Klaas Knot (Pays-Bas) et Pablo Hernández de Cos (Espagne) font figure de favoris. Côté français, le taux à 10 ans est retombé autour de 4,9 %, après avoir dépassé 5 % il y a dix jours, une première depuis 2002.
Nasdaq 100 : La tech américaine sous pression
Le Nasdaq, indice phare de la tech américaine, a enchaîné une troisième semaine de baisse. La saison des résultats a ravivé les doutes sur la rentabilité de l’IA : les investissements s’envolent, Amazon prévoyant 220 Md$ cette année, mais les revenus peinent à suivre, au point que le groupe recourt à l’endettement. Pour la première fois depuis le lancement de ChatGPT fin 2022, la croissance des bénéfices des « Sept Magnifiques » devrait être inférieure à celle du reste du S&P 500. Les déceptions se sont multipliées, d’Intel à Reddit, et OpenAI aurait réduit son objectif de levée de fonds sur une valorisation revue à la baisse. Enfin, la Fed n’apporte pas de soutien : elle maintient des taux élevés et n’exclut pas un nouveau tour de vis face à une inflation tenace.
Côté MICRO
Technip Energies : des marges records font oublier un chiffre d’affaires décevant
Technip Energies, groupe français d’ingénierie qui conçoit et construit des installations pour l’énergie (gaz naturel liquéfié, hydrogène, captage de CO2), a publié ses résultats du troisième trimestre. Son chiffre d’affaires atteint 1,94 Md€, en hausse de 9,8 % sur un an, mais en deçà des 2,08 Md€ attendus par les analystes. La bonne surprise vient de la rentabilité. L’EBITDA récurrent, qui mesure le résultat de l’activité avant amortissements, atteint 172 M€, un record trimestriel. Les grands chantiers se redressent nettement : leur marge passe de 1,7 % au deuxième trimestre à 7 %. Ils avaient été pénalisés par la crise du détroit d’Ormuz, qui a alourdi les coûts de logistique et de sécurité au Qatar, aux Émirats et à Oman. De nombreux clients ont depuis accepté de prendre une partie de ces surcoûts à leur charge. Sur neuf mois, l’EBITDA reste toutefois en baisse de 20 %. Le carnet de commandes atteint 24,5 Md€, soit plus de trois ans de chiffre d’affaires. Le groupe confirme ses objectifs 2026 et vise plus de 800 M€ d’EBITDA par an d’ici 2028.
Sanofi : Dupixent et les nouveaux médicaments portent un trimestre à deux chiffres
Sanofi, géant français de la pharmacie et des vaccins, a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 14,4 Md€, en hausse de 14,3% à changes constants. La croissance repose sur deux moteurs. Dupixent, son anti-inflammatoire vedette contre l’eczéma et l’asthme, bondit de 34,8% à 5,7 Md€, porté par une forte demande et des conditions de prix plus favorables aux États-Unis. Les nouveaux médicaments progressent de 31,4% à 1,4 Md€, emmenés par ALTUVIIIO dans l’hémophilie et Ayvakit dans une maladie rare du sang. Les vaccins reculent en revanche de 6,6%, pénalisés par un calendrier défavorable des livraisons contre la grippe et une moindre commande de Beyfortus aux États-Unis. Grâce à une gestion rigoureuse des coûts, la marge opérationnelle gagne 1,7 point à 37,4% et le bénéfice par action progresse de 19,6%. Sanofi relève ses objectifs 2026 et prépare déjà l’après-Dupixent, dont le brevet expirera au cours de la prochaine décennie, en élargissant son alliance avec Regeneron dans l’immunologie.
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