Côté MACRO
Moyen-Orient : la pression continue de peser sur les marchés
Après une brève réouverture du détroit d’Ormuz, l’Iran a de nouveau bloqué le passage stratégique en réponse au maintien du blocus naval américain. Téhéran conditionne tout transit à la levée complète du blocus de ses ports et menace de cibler les navires circulant sans autorisation. Le Brent a immédiatement rebondi au-dessus des 90 dollars, illustrant la volatilité extrême des prix. Pour relancer les négociations, Washington envoie une délégation au Pakistan tout en maintenant la pression maximale : Trump menace de frapper les infrastructures critiques iraniennes en cas d’échec. Les États-Unis ont par ailleurs intercepté et saisi un cargo iranien dans le golfe d’Oman. Cette séquence d’escalades et de désescalades successives rend toute visibilité sur les prix de l’énergie quasi impossible.
Inflation FR & UE : le choc énergétique se matérialise dans les chiffres
L’IPC français de mars, publié mercredi par l’INSEE, confirme le premier impact mesurable du conflit au Moyen-Orient sur les prix : l’inflation ressort à +1,7 % sur un an, contre seulement +0,9 % en février, soit le bond mensuel le plus important depuis 2022. Ce saut s’explique intégralement par la flambée des prix de l’énergie (+7,4 % sur un an après –2,9 % en février), tirée par les produits pétroliers : gazole (+23,5 %) et combustibles liquides (+40,9 %). Le lendemain, Eurostat publiait les données définitives pour la zone euro, révisées à la hausse à +2,6 % en mars repassant ainsi au-dessus de la cible des 2 %. Ces publications renforcent la pression sur la BCE, dont la prochaine réunion est fixée au 30 avril : Christine Lagarde a indiqué cette semaine qu’aucune décision n’était encore prise quant à une éventuelle hausse des taux.
Côté MICRO
Mint : publication des résultats annuels 2025
Mint, fournisseur français de services Énergie et Télécom éco-responsables, affiche un chiffre d’affaires 2025 en progression de +17,2 % à 84,7 M€, porté par une hausse de 39 % des volumes commercialisés malgré un effet prix défavorable de -15 % lié à la baisse des tarifs réglementés d’électricité. La croissance est tirée par l’ensemble des activités énergie, notamment le segment BtoB dont le chiffre d’affaires est multiplié par 2,6 à 7,6 M€, avec une marge brute atteignant 32,1 %. L’EBITDA retraité des éléments non récurrents (surcoût CEE et dépréciations d’acomptes liés à un litige fournisseur) ressort à 4,2 M€.
Le point fort de la publication réside dans la solidité du bilan : la trésorerie nette s’établit à 33,9 M€ au 31 décembre 2025, soit un niveau quasi équivalent aux capitaux propres de la société (32,8 M€), un ratio exceptionnel pour une ETI de cette taille qui confère à Mint une capacité d’investissement significative. À titre de comparaison, la capitalisation boursière de la société reste très modeste au regard de cette trésorerie, suggérant une décote importante. Pour 2026, Mint anticipe une nouvelle progression de ses ventes avec un volume BtoB attendu d’au moins 160 GWh, s’appuyant sur plus de 370 contrats signés en 2025.
LVMH : ventes du premier trimestre 2026
LVMH, premier groupe mondial de produits de luxe regroupant 75 Maisons, publie ses ventes du premier trimestre 2026 à 19,1 milliards d’euros, en recul de 6 % en publié mais en progression de +1 % en organique. L’effet de change défavorable de 7 % explique l’essentiel de l’écart. Le conflit au Moyen-Orient pèse environ 1 % sur la croissance organique du trimestre, principalement via l’activité Mode & Maroquinerie (-2 % en organique), impactée en mars après un début d’année positif. À l’inverse, les points forts sont la Division Montres & Joaillerie (+7 % en organique), portée par Tiffany et Bvlgari, les Vins & Spiritueux (+5 %) tirés par le champagne et le cognac, et la Distribution sélective (+4 %) grâce à Sephora. Géographiquement, les États-Unis affichent un bon début d’année et l’Asie hors Japon confirme son rebond amorcé au second semestre 2025. Malgré un environnement géopolitique particulièrement perturbé, LVMH se dit confiant pour la suite de l’exercice.
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