Côté MACRO
Inflation : les dernières données de février
En France, l’IPC de février ressort à +0,9 % sur un an, après +0,3 % en janvier. Ce rebond s’explique par la fin des soldes dans l’habillement (+5,9 % sur le mois) et un rebond saisonnier des transports, tandis que les prix de l’énergie continuent de reculer sur un an (–2,9 %), mais à un rythme moins soutenu en raison d’un effet de base sur l’électricité.
Aux États-Unis, le CPI de février s’établit à +2,4 % en glissement annuel, stable par rapport à janvier, avec une inflation sous-jacente à +2,5 %. Ces chiffres précèdent toutefois le choc pétrolier lié au conflit en Iran. La flambée des prix de l’énergie, non encore reflétée dans les données de février, devrait pousser l’IPC de mars nettement à la hausse, repoussant toute perspective de baisse de taux de la Fed à septembre au plus tôt.
Marché du crédit & Private Equity : spreads sous pression
En février, les obligations investment grade (IG) et high yield ont généré des rendements positifs, portées par des fondamentaux d’entreprises sains. Les spreads restaient historiquement serrés, le HY américain évoluant autour de 3,2 % avant le conflit. Depuis, une divergence s’installe : les flux de refuge soutiennent l’IG tandis que les spreads sur les notations CCC (high yield) s’élargissent, révélant une aversion au risque croissante.
Sur le Private Equity, la hausse des taux longs alourdit le coût du capital et comprime les multiples d’entrée. Les gérants privilégient la sécurisation de leurs portefeuilles existants. La BCE, dont le taux directeur se maintient à 2 %, devrait rester en attente, renforçant l’attrait des stratégies de dette privée pour les investisseurs en quête de rendement ajusté au risque.
Côté MICRO
Porsche AG : résultats annuels
Porsche AG, constructeur allemand de voitures de sport haut de gamme et filiale cotée du groupe Volkswagen, a publié des résultats annuels 2025 fortement dégradés. Le chiffre d’affaires recule à 36,3 milliards d’euros (–9,5 %) et le résultat opérationnel s’effondre à 413 millions d’euros, contre 5,6 milliards en 2024. Cette chute s’explique par 3,9 milliards d’euros de charges exceptionnelles : réorientation stratégique (2,4 Md€), activités batteries (700 M€) et droits de douane américains (700 M€). Les livraisons mondiales reculent de 10,1% à 279 449 unités.
Le nouveau directeur général Michael Leiters, en poste depuis janvier 2026, a lancé un plan de restructuration prévoyant près de 3 900 suppressions de postes d’ici 2030. Pour 2026, Porsche vise un retour sur ventes de 5,5 à 7,5 % et une marge EBITDA automobile de 15 à 17 %, mais reste très prudent face aux pressions persistantes en Chine, aux incertitudes douanières et aux répercussions du conflit au Moyen-Orient sur ses marchés du Golfe.
LVMH : le luxe pris en étau par le conflit
LVMH, premier groupe mondial de luxe avec 75 maisons réparties dans les vins, la mode, la maroquinerie, la joaillerie et la distribution sélective, s’est retrouvé en première ligne du choc géopolitique. L’opération militaire a paralysé les hubs aériens de Dubaï et Doha, perturbant les ventes régionales et les flux de touristes asiatiques vers l’Europe. Le Moyen-Orient représente environ 6 % des ventes mondiales du luxe et constitue une région en forte croissance, particulièrement en période de Ramadan.
L’action LVMH a corrigé de 25 % depuis le début de l’année. Les anticipations promettent un recul de 1,5 % des ventes Mode & Maroquinerie au T1 2026. Si le risque direct reste limité en volume, un ralentissement mondial induit par le choc pétrolier constituerait la menace la plus sérieuse pour un secteur qui dépend d’un contexte économique favorable.
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