Point Marché -Impact Coronavirus – 09 mars 2020

Fièvre Acheteuse !

En ces temps troublés, il nous semble pertinent de faire un point d’étape sur l’évolution récente des marchés financiers.Comme souvent, une correction arrive du fait d’un événement inattendu et difficilement modélisable.En cette fin d’hiver, c’est donc le coronavirus qui fait craindre le pire aux intervenants.

N’étant pas médecins et encore moins épidémiologistes, nous nous garderons bien de faire des prévisions quant aux suites de ce qui s’apparente encore, à ce jour, à une version plus agressive d’une grippe hivernale.

Focalisons-nous plutôt sur la situation économique.

Il est a priori acquis que le virus et les mesures prises pour le juguler vont entraîner un ralentissement de la croissance un peu partout dans le monde. D’ailleurs, la banque centrale américaine, comme souvent la plus réactive, a déjà diminué de 50 points de base les taux d’intérêt (Fed Funds).

Cet état de fait justifie-t ’il la forte baisse en quasi ligne droite des marchés (-20% pour le CAC40 depuis le début de l’année au moment où ces lignes sont écrites) ?Comme souvent (pour ne pas dire toujours), les investisseurs appuient d’abord sur le bouton et tentent d’analyser la situation après…Cela nous donne des séances très volatiles et des mouvements d’ampleur sans qu’un seul instant la valorisation des sociétés soit examinée.

Toutes choses égales par ailleurs, nous avons sur bon nombre d’entreprises cotées des valorisations impossibles à justifier à moins bien sûr d’anticiper la fin du monde et de vivre pour de vrai The Walking Dead (NDLR: série TV très surcotée).

Alors, que faire ? Paniquer avec la meute (celle qui trouvait normale de payer 50 fois les résultats de certaines entreprises et qui vend celles qui se paient moins de 4 fois l’EBITDA ?) ou examiner les valorisations des sociétés la tête froide (avec un thermomètre à côté au cas où) ?

La seule ligne directrice que nous devons suivre est l’analyse des valorisations des sociétés et l’ampleur des révisions possibles de leur séquence de résultats ; et force est de constater que nous avons sous les yeux des entreprises qui se paient littéralement une bouchée de pain !

Dès la stabilisation des cas détectés de coronavirus en Europe, les cours atteints par nombre d’entreprises aujourd’hui nous donneraient plutôt la fièvre acheteuse…