Newsletter du lundi 17 décembre 2018

Olivier Bertrand s’invite chez Elior, les frères Bouygues se renforcent

Le patron fondateur du Groupe Bertrand, devenu un poids lourd de la restauration commerciale en France en quelques années, se lance un nouveau défi en misant sur Elior. Alors qu’il enchaîne les acquisitions depuis trois ans, Olivier Bertrand a créé la surprise, vendredi, avec l’annonce par sa société de l’acquisition de 5% du capital du groupe de restauration collective et concédée. Elior pèse tout de même 6,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires au titre de son exercice 2017-2018 alors que Groupe Bertrand prévoit un total de ventes sous enseignes (ce qui inclut l’activité des franchisés) de 1,9 milliard pour 2018. Groupe Bertrand n’en est pas moins le numéro deux de la restauration commerciale de l’Hexagone (derrière McDonald’s), ayant grossi très rapidement par croissance externe. Entre fin 2015 et début 2016, il a notamment avalé Quick, afin d’alimenter le développement de Burger King dont il détient la franchise exclusive depuis 5 ans. En s’invitant au tour de table d’Elior, Olivier Bertrand ne cache pas désormais s’intéresser non seulement à la restauration concédée qui lui est familière mais aussi à la restauration collective. A ce stade, il réserve son analyse stratégique au management d’Elior. Partage-t-il le projet de scission annoncé par Elior ? Est-il prêt au bras de fer, alors que son intrusion ne semble pas concertée ? Affaire à suivre…

La fin de l’année est visiblement propice aux grandes manœuvres. La holding de la famille Bouygues, SCDM, contrôlée par les deux frères Martin et Olivier, a acheté 1,54 million d’actions entre le 19 et le 30 novembre à des prix unitaires allant de 32,20 à 34,95 euros. SCDM a ensuite acheté pour 1,15 million de titres en décembre, soit un investissement global en quatre semaines dépassant 89 millions d’euros (0,7% du capital). Elle détient désormais 21,7% des actions et plus de 29% des droits de vote. L’objectif est probablement de lutter en premier lieu contre les prises de contrôles rampantes, autrement dit la prise de pouvoir d’un actionnaire sur les assemblées générales. Des grandes manœuvres qui témoignent de la confiance en l’avenir du groupe Bouygues qui a fait état, mi-novembre, de résultats à 9 mois supérieurs aux attentes du marché : un chiffre d’affaires de 25,22 milliards d’euros, en hausse de 6%, et un bénéfice net de 772 millions d’euros (+12%). A noter aussi que le carnet de commandes de Bouygues Construction se maintient à un niveau record de 22,5 milliards d’euros, de quoi aborder sereinement le futur.

Des PMI décevants, dernière conférence de l’année pour Mario Draghi

La Chine a enregistré en novembre la plus faible croissance de ses ventes au détail en 15 ans et la production industrielle a progressé à son rythme le plus faible en près de 3 ans. Ces statistiques confirment le ralentissement progressif de la croissance de la 2ème économie mondiale constaté ces derniers trimestres et plaident en faveur de la volonté de Pékin d’apaiser les tensions avec Washington. Dans ce contexte sont tombés également les premiers résultats des enquêtes mensuelles Markit sur l’activité du secteur privé dans la zone euro en décembre, les indices PMI “flash”. En France, l’activité dans le secteur privé s’est contractée en décembre pour la première fois depuis deux ans et demi, pénalisée par les perturbations résultant des actions du mouvement des Gilets jaunes, en particulier dans le secteur des services. En Allemagne, la croissance du secteur privé a touché un creux de 4 ans, ce qui suggère une petite forme de la première économie d’Europe au 4ème trimestre.

Pour cette dernière réunion de l’année, le diagnostic économique de la BCE, qui maintient le cap d’un resserrement monétaire très progressif et bloque les achats nets d’actifs, était très attendu. Il s’accompagnait comme chaque fin de trimestre de nouvelles prévisions économiques. La croissance de la zone euro a ainsi été revue en baisse : une hausse du PIB de 1,9% en 2018 et 1,7% en 2019, contre des estimations à 2% et 1,8% en septembre. Mario Draghi, dont les paroles sont scrutées par les marchés, s’est livré à un jeu d’équilibriste, mettant en avant des « risques globalement équilibrés », qui prennent toutefois « un biais baissier » en raison de la « persistance des incertitudes ». La récente dégradation tient à des « facteurs spécifiques à certains secteurs et pays » qu’il espère temporaires.

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