Newsletter du lundi 11 février 2019

Des résultats au plus haut depuis 5 ans pour Total

Il ne s’agit pas d’un record historique, mais c’est du jamais vu depuis 2013. Le bénéfice net ajusté de Total a atteint 13,6 milliards de dollars l’an dernier, en hausse de 28 %. Le pétrolier français a profité de la remontée des prix du pétrole (les cours de l’or noir étaient en moyenne de 71 dollars en 2018, contre 54 dollars en 2017) mais aussi d’une hausse des volumes, sa production de pétrole et de gaz ayant progressé de plus de 8%. Elle est portée par  l’acquisition du danois Maersk Oil  et le  démarrage de projets en Australie, en Russie, en Angola ou encore au Nigeria. Il s’agit de la plus forte hausse parmi les cinq supermajors (Exxon, Shell, BP, Chevron et Total). La production de Total a atteint l’an dernier le niveau record de 2,8 millions de barils équivalent pétrole par jour. La major française bénéficie aussi du plan d’économies lancé en 2015 au lendemain de l’effondrement des cours du brut. Ces réductions de coûts ont atteint 4,2 milliards d’euros en 2018 et Total vise 4,7 milliards cette année. Les investissements restent stables : 15,6 milliards en 2018, entre 15 et 16 milliards cette année. La rentabilité des capitaux propres, supérieure à 12 %, est « la meilleure parmi les majors », a indiqué le PDG Patrick Pouyanné. La croissance devrait accélérer en 2019 : Total prévoit une production en hausse de « plus de 9 % » grâce à la montée en puissance de champs comme Ichthys en Australie (gaz naturel liquéfié) ou Egina au Nigeria (pétrole offshore), et au démarrage de projets au Brésil, en Angola ou en mer du Nord. Le pétrolier français passera le cap des 3 millions de barils par jour en 2019, a confirmé la direction.

Korian en grande forme

L’exploitant de maisons de retraite et de cliniques Korian a annoncé que sa marge opérationnelle 2018 serait supérieure à son objectif et qu’il prévoyait une nouvelle accélération de la croissance de son chiffre d’affaires en 2019, après avoir vu ses revenus grimper de 6,4% en 2018, une hausse plus forte qu’attendu. En effet, le chiffre d’affaires annuel du groupe a atteint 3,34 milliards d’euros, contre 3,14 milliards d’euros en 2017. La croissance organique s’est établie à 3%, dont 3,3% à l’international et 2,7% en France. En 2017, Korian avait réalisé une croissance organique de 2,4%. En termes de rentabilité, « compte tenu de la dynamique de croissance enregistrée sur l’année et de la bonne tenue des charges opérationnelles, la marge d’Ebitda 2018 est attendue à 14,3%, supérieure à l’objectif de 14% », a annoncé le groupe, dont les résultats annuels complets seront publiés le 14 mars prochain. Korian a poursuivi l’an dernier sa stratégie combinant le déploiement de capacités complémentaires, une gestion active du parc installé et des acquisitions ciblées, avec 10 opérations réalisées en 2018.

Des taux toujours plus bas qui impactent le secteur bancaire

Jusqu’où descendra le rendement du Bund ? Alors qu’il évoluait encore à 0,20 % mercredi, le taux à 10 ans allemand est passé à 0,07% vendredi, du jamais vu depuis l’automne 2016. Outre l’Allemagne, la France a également vu son taux à 10 ans évoluer à 0,55 %, son plus bas niveau depuis plus de 2 ans. Idem pour les Pays-Bas. Cause de cette chute spectaculaire des rendements : une recrudescence de l’inquiétude des marchés après la publication des estimations de croissance de la Commission européenne qui a réduit fortement ses prévisions économiques en tablant sur une croissance de 1,5% contre 2 % auparavant. Les anticipations d’inflation se dégonflent également pour atteindre des niveaux proches de ceux de 2016. La perspective, déjà assez faible, de voir la BCE entamer une hausse des taux s’éloigne ainsi de plus en plus.

Ce contexte de taux très bas complique la tâche des banques de faire fructifier l’argent. « L’environnement a changé » a affirmé la direction de BNP Paribas lors de la publication de résultats annuels décevants, évoquant notamment « une croissance économique toujours favorable mais qui devrait décélérer » et « un environnement de taux bas en Europe qui ne devrait s’améliorer que progressivement  ». Le compartiment bancaire européen a signé en 2018 la 2ème plus forte baisse sectorielle en Bourse (-28,04%). Il reste à la traîne depuis le début de l’année 2019.

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