Newsletter du lundi 10 décembre 2018

Iliad lance (enfin) sa nouvelle offre box, Elior ne convainc pas les marchés     

Les investisseurs ont salué mardi dernier le lancement des tant attendues Freebox Delta et One, qui devraient permettre à la maison-mère Iliad de relancer sa croissance. Entre un chiffre d’affaires français en repli et une perte d’abonnés dans le fixe et le mobile, Free pâtit de la guerre des prix opposant les opérateurs télécoms. Le groupe dirigé par Xavier Niel laisse de côté les promotions agressives, pour se tourner vers le haut de gamme. Delta est proposé au prix de 59,99€ par mois avec un engagement de 48 mois, un prix élevé justifié par ses nombreuses fonctionnalités : l’accès à la fibre optique 10 gigabits/seconde, l’assistant vocal d’Amazon Alexa, un système d’alarme et une caméra de surveillance infrarouge, une enceinte connectée en partenariat avec Devialet, ou encore Netflix SD inclus dans l’abonnement. Free a lancé en parallèle la box One, plus accessible (mais moins performante) au prix de 29,99€ par mois pendant un an pour les 100 000 premiers abonnés, contre 39,99€. L’opérateur semble marcher sur les pas de son rival Orange en misant sur le « more for more » pour partir à la reconquête d’abonnés, à savoir plus de services pour une somme plus onéreuse, une logique qui vient à contre courant de la guerre des prix affaiblissant le marché.

A contrario, Elior, 3ème groupe européen de restauration collective, a été sévèrement sanctionné en Bourse mardi après avoir annoncé un ralentissement de sa croissance organique sur l’exercice 2018-19, présenté toutefois comme une année de stabilisation. Le groupe français, concurrent du britannique Compass et de Sodexo, prévoit sur le nouvel exercice une croissance organique seulement supérieure à 1%, en raison notamment de la sortie de contrats non rentables en Italie. Sur l’exercice 2017-18, la croissance était ressortie à 3%, et à 3,6% l’année précédente. Après avoir lancé plusieurs avertissements sur résultats au cours de l’exercice écoulé, imputés aux coûts de mise en œuvre de nouveaux contrats, Elior prévoit désormais une stabilisation de sa marge, après une baisse d’un point à 4,3% en 2017-18. « Nous abordons 2018-2019 en ordre de marche pour délivrer le plan Elior 2021 » a déclaré la direction, en prévenant que le chemin vers ses objectifs moyen terme « ne serait pas linéaire ». En juin, Elior a annoncé viser sur la période 2019-21 une croissance organique de ses ventes supérieure à 3% et une croissance de sa marge représentant un pourcentage deux fois plus élevée.

Une ambiance pesante sur les marchés, l’OPEP finit par se mettre d’accord    

A deux semaines de Noël, l’ambiance est loin d’être festive sur les marchés face à la conjonction des menaces commerciales, des risques politiques et des incertitudes monétaires, un cocktail amer qui rend les investisseurs nerveux. La semaine dernière, l’inversion de la courbe des rendements obligataires américains a particulièrement tendu l’atmosphère : le basculement des rendements des emprunts à court terme au-dessus de ceux des obligations à long terme, à l’inverse du principe selon lequel les échéances plus longues se paient par un rendement plus élevé, est considéré comme un signal avant-coureur de récession. L’inversion ne concerne pour l’instant que certaines parties de la courbe des taux des Treasuries (fourchette de 2 à 5 ans) mais les marchés scrutent l’évolution de cet écart entre les titres à 2 ans et à 10 ans, considéré par certains analystes comme le plus important.

Les négociations de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), laborieuses comme souvent, ont finalement abouti à l’issue d’une réunion de deux jours à Vienne. L’Opep et la Russie se sont entendues vendredi pour réduire leur production de pétrole à hauteur de 1,2 million de barils par jour, malgré les injonctions de Donald Trump, soucieux de maintenir les prix bas. Suite à l’annonce de cet accord, le baril de brent de la mer du Nord, référence européenne, a terminé la journée de vendredi en hausse de près de 3%, à 61,67 dollars.  Les prix restent toutefois proches de leur niveau d’il y a un an : ils se sont en effet effondrés de 30% en deux mois, poussant les principaux pays exportateurs à réagir pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande et protéger leurs revenus.

Les performances de la semaine

Les rendez-vous à ne pas manquer