Newsletter du lundi 8 octobre 2018

Vicat s’implante officiellement au Brésil

Vicat, cimentier familial français jusqu’alors absent d’Amérique latine, a officialisé l’acquisition du brésilien Ciplan pour 290 millions d’euros. L’opération, que Vicat financera par dette, se fera via une augmentation de capital réservée qui ira essentiellement au désendettement de la société acquise, et augmentera de 10% la capacité de production du groupe français. Vicat, dernière société française indépendante depuis le rachat des leaders du ciment par des groupes étrangers, était déjà présent en Afrique, aux Etats-Unis et en Asie (au Kazakhstan et en Inde). Après avoir annoncé en août son intention d’investir 223 millions d’euros dans sa filiale Vicat Inde d’ici 2021 pour accroître de 50% sa capacité de production actuelle de sept millions de tonnes de ciment, le groupe part maintenant à la conquête de l’Amérique du Sud avec le rachat de 65% du capital de Ciplan près de Brasilia, capitale du Brésil. Sur le marché brésilien, la taille de Ciplan va placer d’emblée le Français devant l’Irlandais CRH (2,3 millions de tonnes de capacités), même s’il reste loin derrière LafargeHolcim (11 millions de tonnes) et sera dix fois plus petit que le leader Votorantim (35 millions de tonnes), dans un pays où les capacités de production de ciment étaient estimées l’an dernier à 86 millions de tonnes. Cette implantation est un pari : après une sévère récession économique en 2015 et 2016, le Brésil semble se stabiliser mais la reprise reste à confirmer. Le secteur souffre aussi de corruption massive, avec notamment l’an dernier le scandale autour du géant brésilien du BTP Odebrecht.

Dividendes exceptionnels d’Alstom

Ce n’est pas une surprise, mais c’est tout de même une bonne nouvelle. Alstom a réalisé de façon effective, mardi 2 octobre, la cession à General Electric de toutes ses participations dans les trois coentreprises Energie (Renewables, Grid et Nucléaire) et a ainsi reçu sur son compte la somme de 2,59 milliards d’euros de la part du géant américain. Ce produit va permettre au groupe français de financer son développement stratégique. Par ailleurs, les actionnaires vont être récompensés par un dividende exceptionnel maximal de 4 euros par action, sous réserve de certains ajustements. Cette distribution concernera les actionnaires existants de la société, à la clôture du jour ouvré précédant la date de réalisation de la transaction avec Siemens, qui est attendue au cours du premier semestre 2019, une fois toutes les autorisations obtenues. Le nouvel ensemble Siemens-Alstom emploiera 65 000 salariés dans 60 pays et réalisera un chiffre d’affaires de 15,6 milliards d’euros. Au bout de quatre ans, les synergies générées par le rapprochement devraient être de l’ordre de 470 millions par an.

Focus USA : remontée des taux longs et chômage au plus bas depuis 1969    

Alors que l’amélioration de l’économie américaine se confirme, la hausse des rendements obligataires actuellement pèse sur les marchés d’actions. Les chiffres de l’emploi américain publiés la semaine dernière, plutôt rassurants, ont toutefois semé le trouble sur les marchés obligataires. La Bourse se retrouve ainsi paradoxalement affectée par de bonnes nouvelles. Personne ne conteste l’amélioration de l’économie américaine : chômage au plus bas depuis 1969 à 3,7%, une industrie des services en meilleure forme… le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, est même allé jusqu’à qualifier les perspectives économiques de « remarquablement favorables » mercredi. Le problème est que les marchés retiennent surtout la perspective d’une politique monétaire de moins en moins accommodante, ce qui n’est pourtant pas nouveau. D’après les déclarations de la Fed, les taux directeurs américains pourraient grimper au-delà du seuil dit « neutre » (3%) dans les années à venir. Cette perspective s’est traduite par une hausse subite des rendements d’emprunts d’Etat américains. Le Treasury à 10 ans a ainsi franchi le cap des 3,2% jeudi, pour la première fois depuis 2011, ce qui a instantanément envoyé les marchés d’actions en territoire négatif.

Les performances de la semaine

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