Newsletter du lundi 07 janvier 2019

Rumeurs sur le mariage Alstom/Siemens

Le titre Alstom est sous pression ce lundi, les rumeurs de veto de la Commission européenne sur le projet de rapprochement avec la branche transports de Siemens allant bon train. Le régulateur, qui doit rendre un avis sur ce projet de fusion au plus tard le 18 février, a fait part à plusieurs reprises de ses craintes sur ce mariage, annoncé en septembre 2017. Il s’inquiète notamment d’une réduction de la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation. « Les signaux qui viennent en ce moment de Bruxelles ne sont pas bons », selon Les Echos. Pour Bruno Le Maire, la CE commettrait une « erreur économique » et une « faute politique » si elle empêchait le rapprochement des deux groupes européens. A l’origine, Alstom et Siemens se montraient très confiants sur leur capacité à convaincre la Commission. L’opération consiste en effet à créer un champion européen capable de résister à CRRC : le conglomérat chinois pèse d’ores et déjà 30 milliards d’euros de chiffres d’affaires (soit 4 fois plus qu’Alstom), et ne cache pas son ambition de conquérir la planète. Un échec du projet de fusion ne serait pas, du moins à court terme, une catastrophe pour Alstom. Ce fleuron de l’industrie française affiche de très bons résultats et un carnet de commandes record. Mais la consolidation du marché ferroviaire européen restera à mener, et la menace chinoise devrait rapidement devenir palpable. Affaire à suivre.

PSA et Renault cartonnent      

Le marché français des voitures particulières neuves a connu une bonne année 2018 (+3%), qui voit la poursuite de la baisse de la part des véhicules diesel sur le marché. PSA et Renault ont augmenté leurs ventes de 8,32% sur l’année, alors que les constructeurs étrangers ont subi un recul de 3,44 %. Le groupe Renault a ainsi progressé de 2,48%, tiré par les véhicules Dacia (+19%) alors que la marque au losange est en recul. PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel) bondit de 13,36% notamment grâce à l’intégration d’Opel (+165,1%), qui était comptabilisé l’an dernier dans le giron de l’américain General Motors. PSA confirme ainsi sa place de numéro 1 sur le marché français avec une part de marché de près de 30%. En décembre, les immatriculations ont par contre chuté de 14,5% et ce aussi bien pour les constructeurs français (-10,59%) que étrangers (-18,77%). Seul le groupe Volkswagen a réussi à augmenter ses ventes de Skoda (+16,36%) et de Seat (+18,51%) lors du dernier mois de l’année. Le Comité des constructeurs français d’automobiles explique ce recul en parti par le mouvement des gilets jaunes, mais aussi parce que beaucoup de voitures, notamment étrangères, ne sont pas encore arrivées sur le marché français, faute d’homologation.

Retour sur une séance boursière euphorique     

Les craintes d’un ralentissement de l’économie américaine, voire d’une récession en 2019 sur fond de guerre commerciale, de resserrement monétaire et de blocage des institutions ces deux dernières semaines, se sont momentanément dissipées en l’espace de quelques heures. Des données très supérieures aux attentes sur le marché de l’emploi américain publiées vendredi, couplées à des déclarations rassurantes par le président de la Fed, Jay Powell, ont soufflé un vent d’enthousiasme sur les marchés. En décembre, l’économie américaine a en effet déjoué toutes les prédictions, affichant 312 000 créations de postes, soit près de deux fois plus que prévu. 2,64 millions d’emplois ont été créés en 2018, le chiffre le plus élevé depuis trois ans.

Ceci risque de compliquer la tâche de la Fed qui souhaite durcir la politique monétaire avec deux nouvelles hausses de taux prévues (normalement) en 2019, mais fait l’objet de pressions provenant à la fois de la Maison blanche et des investisseurs en faveur d’un ralentissement, dans un contexte d’incertitude. J. Powell, qui s’exprimait lors d’une conférence à Atlanta vendredi après midi, s’est voulu rassurant, promettant d’être patient. « Nous sommes prêts à ajuster notre politique rapidement et de façon flexible, et à utiliser tous nos outils pour soutenir l’économie si cela était nécessaire », a-t-il commenté. « Nous serons patients tout en étudiant la manière dont évolue l’économie ».

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