Newsletter du mardi 24 septembre 2019

 Thomas Cook : la fin d’une histoire

L’agence britannique Thomas Cook, pionnière des tour-opérateurs fait faillite après de nombreuses discussions avec créanciers et actionnaires, plaçant l’entreprise en liquidation judiciaire. Laissant derrière elle 600 000 touristes, les autorités doivent organiser un rapatriement massif, s’apparentant à l’opération civile la plus importante depuis la seconde guerre mondiale.

Victime d’une forte concurrence et d’un climat d’incertitude avec le Brexit, Thomas Cook n’a pas su réunir les 200 millions de livres (226 M€) manquants afin de mettre au point le plan de sauvetage. Ce plan de sauvetage, placé sous la protection du régime américain des faillites sera examiné les 27 et 30 septembre, nécessitant un soutien du trois quarts des porteurs de dettes pour acceptation. Afin de rapatrier tous les touristes, la compagnie aérienne allemande Condor (appartenant au Groupe Thomas Cook) a annoncé maintenir ses vols, nécessitant un prêt d’urgence auprès du gouvernement allemand, craignant un manque de liquidités.

Le secteur touristique ne rassure pas ces derniers temps avec la liquidation de plusieurs compagnies aériennes (Aigle Azur, XL Airways), et maintenant le tour-opérateur Thomas Cook. En effet, de plus en plus de sites internet prônant le voyage à bas prix (Kayak, Opodo, Trivago, Booking…) font de l’ombre à ces entités. A cela s’ajoute la concurrence accrue qui existe entre les compagnies aériennes traditionnelles et low-cost, permettant des trajets aériens pour des prix défiant toute concurrence. A titre d’exemple, les prix des vols entre Paris et New York n’ont jamais été si bas, moins de 500€ pour un prix moyen de 593€ en 2016, avec une tendance à la baisse qui devrait perdurer.

Une baisse des taux pour la Fed

Le président de la FED, Jerome Powell, a annoncé Jeudi 19 septembre, après bourse, une baisse des taux courts de 25 points pour la deuxième fois en deux mois. Les taux se trouvent maintenant entre 1.75 et 2% alors que la FED revoit à la baisse la croissance américaine prévue à 2% (vs 2,2% en 2019) et une légère hausse de l’inflation.« La baisse des taux longs appelle celle des taux courts ». Début septembre les taux longs baissent de 0,5 points pour tomber à 1,5%, ce qui évoque, dans l’esprit des opérateurs, une récession. La baisse des taux courts est donc décidée afin de repousser toute éventuelle récession.

L’indice PMI défavorable en Allemagne

Pour la première fois depuis plus de six ans, le secteur privé allemand s’est contracté en septembre, avec un indice PMI « flash » composite à 49.1 contre 51.7 au mois d’août. Deux raisons expliquent ce phénomène : l’accentuation non prévue de la récession pour le secteur manufacturier, mais aussi la décélération dans les services. Concernant le sous indice pour le secteur manufacturier, celui-ci est à son plus bas niveau depuis les dix dernières années, s’élevant à 41,4, tandis que celui des services se maintient à 52,5 avec une légère baisse, signifiant un ralentissement de l’activité.

Par ailleurs, l’OCDE prévoit une croissance mondiale « la plus faible depuis la crise financière » avec des risques croissants, notamment dus à la guerre commerciale qui existe entre la Chine et les Etats-Unis, les incertitudes du Brexit et l’endettement privé. En 2019, l’OCDE anticipe une chute du taux de croissance mondiale à 2,9% (0,3 points de moins que les dernières prévisions de mai) et une croissance en France devant atteindre 1,3%.

Performances hebdo

Les rendez-vous à ne pas manquer