Newsletter du lundi 25 mai 2020

Plan de relance européen : une union politique ?

La France et l’Allemagne ont travaillé ensemble pour proposer la semaine dernière un plan de relance européen, doté de 500 milliards d’euros pour aider les pays les plus touchés par la crise du coronavirus. Cette initiative porte sur le redressement économique de l’Europe et est orientée sur les domaines de la santé, la transition écologique et numérique, ainsi que la souveraineté industrielle.

Les deux pays sont prêts à fournir un effort important et ont souligné la nécessité d’actions coordonnées à l‘échelle européenne en matière de santé (stocks de masques, tests communs, un plan partagé de prévention des épidémies) mais aussi de pouvoir lever une dette commune sur les marchés. C’est un signal positif de voir la convergence franco-allemande notamment après le récent jugement controversé de la Cour suprême allemande critiquant la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). L’une des questions toutefois non encore tranchées est de déterminer si ce plan de relance inclura des transferts de fonds directs (subventions) aux pays les plus atteints, soutenu notamment par l’Italie et la France, ou s’il s’agira de prêts à rembourser. Ce point reste épineux à résoudre, car les pays du Nord (les Pays-Bas, l’Autriche, la Suède et le Danemark) restent très réticents à financer une forme de solidarité financière en Europe. Ils ont notamment adressé samedi matin à la commission, leur propre proposition s’opposant au principe de transferts budgétaires vers les pays les plus touchés par la crise du coronavirus. La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, doit présenter les détails du programme de relance économique ce mercredi 27 mai à Bruxelles. Au regard des différences de position entre les Etats membres, l’union politique européenne semble encore peu avancée.

Plan de relance automobile

Le plan de relance automobile qui sera annoncé demain par le Président Emmanuel Macron devrait privilégier les mesures visant à décarboner la filière. Rappelons que le secteur représente environ 400 000 emplois directs en France (900 000 avec les services).Il devrait notamment inclure des mesures incitant à l’achat de véhicules les moins polluants, tels que les hybrides rechargeables et les véhicules électriques. En contrepartie des dispositifs qui seront annoncés, l’État devrait exiger des engagements de relocalisation de la production de la part des principaux constructeurs, notamment concernant les véhicules électriques.Au-delà des mesures de soutien à la demande (bonus écologique, prime à la conversion…), ce plan de relance devrait également intégrer des mesures visant à améliorer la compétitivité de l’industrie automobile française, à travers des abaissements de charges.

Renault

La semaine s’annonce chargée pour l’Alliance Renault Nissan Mitsubishi qui dévoilera son plan stratégique mercredi 27 mai au matin.Il y sera notamment question de synergies, d’un partage des rôles sur les plans technologique et géographique. Ensuite Nissan annoncera son plan de redressement le jeudi 28 mai et Renault vendredi 29 mai.Au premier trimestre, les ventes de Renault ont plongé de 25,9% à 673 000 véhicules. Pour faire face à la consommation de trésorerie,un prêt garanti par l’Etat de 5 milliards d’euros est annoncé mais pas encore signé. Lors d’une interview aujourd’hui, Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré que l’État n’exigerait pas de Renault qu’il maintienne tous ses sites industriels ouverts et n’a pas exclu des suppressions de postes. L’État aurait en revanche exigé que Renault entre au capital de « l’Airbus de la batterie » lancé par Total et PSA et des engagements sur la production de voitures électriques dans l’Hexagone. Trois sites pourraient ainsi être fermés en France (Dieppe, Choisy-le-Roi et Caudan), représentant un millier de personnes. Celui de Flins (2.600 personnes) serait restructuré.

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