Newsletter du lundi 11 mars 2019

Rumeur persistante sur deux banques allemandes, Essilor sanctionnée 

D’après la presse allemande, Deutsche Bank aurait accepté de discuter avec Commerzbank dans la perspective d’une possible fusion. Le gouvernement pousse depuis plusieurs mois à ce rapprochement. Des premiers contacts non officiels auraient déjà eu lieu en très petits comités, mais les discussions ne seraient pas suffisamment avancées pour faire l’objet d’une annonce publique. Les spéculations sont « compréhensibles » mais « je ne vais pas y participer », avait déclaré le patron de Commerzbank lors de la présentation des résultats annuels mi février. Deutsche Bank refuse aussi systématiquement de les commenter. Le gouvernement, lui, veut aller vite et exigerait une décision dans les semaines à venir : il craint en effet l’émergence, après les élections européennes qui se tiendront fin mai, de nouvelles majorités susceptibles de bloquer un tel projet. L’exécutif redoute aussi que Commerzbank ne devienne la proie d’un groupe étranger. L’Etat allemand détient encore 15% du capital de la banque qui, même si elle dégage désormais des bénéfices, ne s’est jamais totalement remise de la crise bancaire de 2008 puis de l’absorption de sa rivale Dresdner Bank, et enchaîne depuis les restructurations. Sur le papier, un mariage entre les deux banques donnerait naissance à un mastodonte pesant près de 2 000 milliards d’euros d’actifs, comparable à BNP Paribas.

Le leader mondial franco-italien de l’optique EssilorLuxottica, qui a fusionné en octobre dernier, a publié des résultats annuels mitigés vendredi, qui ont déçu les investisseurs, tout comme ses perspectives pour 2019. Les ventes annuelles pro forma du groupe ont reculé en 2018 (-1,2% à 16,1 milliard d’euros), mais sont en hausse de 3,2% à devises constantes. Le bénéfice opérationnel ajusté a atteint 15,9% des ventes. EssilorLuxottica table pour 2019 sur une croissance de son chiffre d’affaires de 3,5% à 5% à taux de change constants, pour une croissance de son bénéfice opérationnel ajusté comprise entre 0,8 fois et 1,2 fois celle des ventes. Les ventes annuelles d’Essilor seul ont progressé de 0,8% à près de 7,46 milliards d’euros, ou de 4,6% en base homogène (à taux de change et périmètre constants), un chiffre dépassant son objectif d’une croissance en base homogène autour de 4%, mais conforme aux attentes des analystes. Essilor a en revanche raté son objectif de rentabilité, avec une marge d’exploitation ajustée à 18,1% du chiffre d’affaires, contre une cible d’au moins 18,3%.

Super Mario prend les marchés de court

Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne, a pris de court les marchés jeudi en reportant de 6 mois, à 2020 au plus tôt, une éventuelle remontée des taux d’intérêt. La BCE a par ailleurs abaissé sa prévision de croissance pour la zone euro à 1,1% pour 2019, contre 1,7% prévu en décembre, et va renforcer son soutien à l’économie. Elle va lancer une troisième vague de prêts de grande ampleur aux conditions très favorables pour les banques, les TLTRO (Targeted longer-term refinancing operations), des opérations trimestrielles d’une échéance de deux ans qui seront menées entre septembre 2019 et mars 2021. L’euro a ainsi décroché, tombant à son plus bas niveau depuis novembre face au dollar, à 1,1231. Les valeurs bancaires ont également été malmenées en Bourse, le maintien des taux bas étant mauvais pour leur marge d’intérêt et leurs dépôts.

Coup de froid sur le chômage US

Les marchés s’attendaient à 180 000 créations de postes en février, l’économie américaine n’en a généré que 20 000, chiffre le plus bas depuis près de 18 mois. Le marché de l’emploi américain, qui avait habitué les économistes à des performances systématiquement supérieures aux attentes, a ainsi déçu vendredi. Le contraste avec les deux derniers mois est d’autant plus fort que le ministère du Travail a revu à la hausse les données des créations d’emplois en décembre et en janvier, à respectivement 227 000 et 311 000. Habitués à des variations parfois brutales d’un mois sur l’autre, les économistes restent prudents et préfèrent se concentrer sur la tendance que sur un chiffre mensuel.

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